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« La Bonne Chanson (Verlaine) » : différence entre les versions

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La Bonne Chanson X est une Poésie écrite par le poète français Paul Marie Verlaine en 1870.
La Bonne Chanson X est une Poésie écrite par le poète français Paul Marie Verlaine en 1870.


1 Quinze longs jours encore et plus de six semaines 
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<nowiki> </nowiki> Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines 
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<nowiki> </nowiki> La plus dolente angoisse est celle d’être loin. 
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==== Quinze longs jours encore et plus de six semaines<br> Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines <br> La plus dolente angoisse est celle d'être loin. ====


<nowiki> </nowiki> On s’écrit, on se dit comme on s’aime ; on a soin 
==== On s'écrit, on se dit que l'on s'aime, on a soin <br> D'évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste <br> De l'être en qui l'on met son bonheur, et l'on reste <br> Des heures à causer tout seul avec l'absent. <br> Mais tout ce que l'on pense et tout ce que l'on sent <br> Et tout ce dont on parle avec l'absent, persiste <br> À demeurer blafard et fidèlement triste. ====
5 D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste 
<nowiki> </nowiki> De l’être en qui l’on mit son bonheur, et l’on reste 
<nowiki> </nowiki> Des heures à causer tout seul avec l’absent. 
<nowiki> </nowiki> Mais tout ce que l’on pense et tout ce que l’on sent, 
<nowiki> </nowiki> Et tout ce dont on parle avec l’absent, persiste 
10 À demeurer blafard et fidèlement triste. 


<nowiki> </nowiki> Oh ! l’absence ! le moins clément de tous les maux ! 
==== Oh ! l'absence ! le moins clément de tous les maux !<br> Se consoler avec des phrases et des mots, <br> Puiser dans l'infini morose des pensées <br> De quoi vous rafraîchir, espérances lassées, <br> Et n'en rien remonter que de fade et d'amer! ====
<nowiki> </nowiki> Se consoler avec des phrases et des mots, 
<nowiki> </nowiki> Puiser dans l’infini morose des pensées 
<nowiki> </nowiki> De quoi vous rafraîchir, espérances lassées, 
15 Et n’en rien remonter que de fade et d’amer ! 
<nowiki> </nowiki> Puis voici, pénétrant et froid comme le fer, 
<nowiki> </nowiki> Plus rapide que les oiseaux et que les balles 
<nowiki> </nowiki> Et que le vent du sud en mer et ses rafales 
<nowiki> </nowiki> Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison, 
20 Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon 
<nowiki> </nowiki> Décoché par le Doute impur et lamentable. 


<nowiki> </nowiki> Est-ce bien vrai ? Tandis qu’accoudé sur ma table 
==== Puis voici, pénétrant et froid comme le fer, <br> Plus rapide que les oiseaux et que les balles <br> Et que le vent du sud en mer et ses rafales <br> Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison, <br> Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon <br> Décoché par le Doute impur et lamentable. ====
<nowiki> </nowiki> Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux, 
<nowiki> </nowiki> Sa lettre, où s’étale un aveu délicieux, 
25 N’est-elle pas alors distraite en d’autres choses ? 
<nowiki> </nowiki> Qui sait ? Pendant qu’ici pour moi lents et moroses 
<nowiki> </nowiki> Coulent les jours, ainsi qu’un fleuve au bord flétri, 
<nowiki> </nowiki> Peut-être que sa lèvre innocente a souri ? 
<nowiki> </nowiki> Peut-être qu’elle est très joyeuse et qu’elle oublie ? 


30 Et je relis sa lettre avec mélancolie. <br><br>
==== Est-ce bien vrai ? Tandis qu'accoudé sur ma table <br> Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux, <br> Sa lettre, où s'étale un aveu délicieux, <br> N'est-elle pas alors distraite en d'autres choses ? <br> Qui sait ? Pendant qu'ici pour moi lents et moroses <br> Coulent les jours, ainsi qu'un fleuve au bord flétri, <br> Peut-être que sa lèvre innocente a souri ? <br> Peut-être qu'elle est très joyeuse et qu'elle oublie ? ====

==== Et je relis sa lettre avec mélancolie. ====

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Version du 5 janvier 2017 à 23:53

La Bonne Chanson X est une Poésie écrite par le poète français Paul Marie Verlaine en 1870.

1 Quinze longs jours encore et plus de six semaines  Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines  La plus dolente angoisse est celle d’être loin. 

On s’écrit, on se dit comme on s’aime ; on a soin  5 D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste  De l’être en qui l’on mit son bonheur, et l’on reste  Des heures à causer tout seul avec l’absent.  Mais tout ce que l’on pense et tout ce que l’on sent,  Et tout ce dont on parle avec l’absent, persiste  10 À demeurer blafard et fidèlement triste. 

Oh ! l’absence ! le moins clément de tous les maux !  Se consoler avec des phrases et des mots,  Puiser dans l’infini morose des pensées  De quoi vous rafraîchir, espérances lassées,  15 Et n’en rien remonter que de fade et d’amer !  Puis voici, pénétrant et froid comme le fer,  Plus rapide que les oiseaux et que les balles  Et que le vent du sud en mer et ses rafales  Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison,  20 Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon  Décoché par le Doute impur et lamentable. 

Est-ce bien vrai ? Tandis qu’accoudé sur ma table  Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux,  Sa lettre, où s’étale un aveu délicieux,  25 N’est-elle pas alors distraite en d’autres choses ?  Qui sait ? Pendant qu’ici pour moi lents et moroses  Coulent les jours, ainsi qu’un fleuve au bord flétri,  Peut-être que sa lèvre innocente a souri ?  Peut-être qu’elle est très joyeuse et qu’elle oublie ? 

30 Et je relis sa lettre avec mélancolie. 















































 
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